Tout savoir sur le radon
Qu’est-ce que le radon ? Découvrez ses risques, la réglementation en France et les solutions pour mesurer et surveiller sa concentration.
Il s’infiltre par les fissures, remonte depuis le sol et peut s’accumuler dans nos maisons, nos bureaux ou nos bâtiments professionnels. Pourtant, impossible de le voir, de le sentir ou de détecter sa présence sans appareil de mesure. Une exposition prolongée à des concentrations élevées représente pourtant un risque bien réel pour la santé. Derrière cette menace invisible se cache un gaz radioactif d’origine naturelle : le radon.
Qu'est ce que le radon ?
Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle issu de la désintégration de l’uranium et du radium présents dans la croûte terrestre. Sa présence est donc directement liée à la composition géologique des sols. Certaines formations rocheuses, notamment les terrains granitiques et volcaniques, présentent naturellement des concentrations plus importantes en uranium et sont ainsi davantage susceptibles d’émettre du radon.
Le principal risque lié au radon concerne les voies respiratoires. Lorsqu’il est inhalé, le radon se désintègre en particules radioactives qui peuvent se déposer dans les poumons et irradier les tissus pulmonaires. Une exposition régulière et prolongée à des concentrations élevées augmente ainsi le risque de développer un cancer du poumon. En France, le radon est considéré comme la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac, et le risque est particulièrement important chez les fumeurs, les effets du tabac et du radon se renforçant mutuellement. En terme de victimes, cela représente environ 3 000 personnes par an. C’est donc principalement l’exposition chronique, sur plusieurs années, qui constitue un enjeu sanitaire et justifie la surveillance de sa concentration dans les bâtiments.
Les zones
Cette particularité explique pourquoi le risque n’est pas réparti uniformément sur le territoire français. Les concentrations potentielles sont notamment plus importantes dans certaines zones du Massif central, de Bretagne, de Corse, des Vosges ou encore des Pyrénées. Pour mieux identifier les territoires concernés, les pouvoirs publics ont établi une cartographie du potentiel radon à l’échelle communale.
Les communes françaises sont ainsi réparties en trois catégories :
- Zone 1 : potentiel radon faible. Elle regroupe principalement les communes situées sur des formations géologiques présentant de faibles teneurs en uranium.
- Zone 2 : potentiel radon faible avec des facteurs géologiques particuliers. Le potentiel y est globalement faible, mais certaines caractéristiques du sous-sol peuvent faciliter le transfert du radon vers la surface.
- Zone 3 : potentiel radon significatif. Ces communes sont situées sur des formations géologiques dont les teneurs en uranium sont estimées plus élevées. Environ 7 000 communes françaises appartiennent à cette catégorie.
Légende de la carte : ■ Zone 1 en blanc ; ■ Zone 2 en orange ; ■ Zone 3 en rouge.
Radon et législation
Face aux risques liés à une exposition prolongée au radon, la réglementation française prévoit un cadre destiné à limiter l’exposition de la population et des travailleurs. Elle s’appuie notamment sur le potentiel radon des différentes communes, mais également sur la concentration réellement mesurée à l’intérieur des bâtiments. La mesure devient alors un élément essentiel pour évaluer le niveau d’exposition et, lorsque cela est nécessaire, mettre en place des actions permettant de le réduire.
Que prévoit la loi ?
La réglementation définit un niveau de référence à partir duquel des mesures doivent être envisagées pour réduire l’exposition. Elle prévoit également, selon les situations, des obligations de mesurage, de suivi et d’actions correctives. Dans le cadre professionnel, le radon doit notamment être pris en compte dans l’évaluation des risques lorsque les travailleurs sont susceptibles d’être exposés. Pour être plus précis, la loi dispose que :
Les bâtiments concernés
Les obligations varient selon l’usage du bâtiment, sa localisation et les conditions d’exposition. La réglementation concerne notamment :
- Certains établissements recevant du public (ERP) situés dans les zones concernées par la réglementation, avec notamment les établissements d’enseignement, les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux, certains établissements thermaux ou encore certains établissements pénitentiaires.
- Les lieux de travail, lorsque l’évaluation des risques met en évidence une exposition potentielle au radon, en particulier dans les locaux situés en sous-sol ou au rez-de-chaussée.
- Les biens immobiliers situés en zone 3, pour lesquels vendeurs et bailleurs doivent informer les acquéreurs ou locataires de l’existence du risque radon dans le cadre de l’état des risques.
Comment mesurer le radon ?
Contrairement à la température, à l’humidité ou au CO₂, la présence de radon ne peut pas être détectée par nos sens.
Mesurer le radon est donc le seul moyen de connaître réellement sa concentration dans un bâtiment. Celle-ci est exprimée en becquerels par mètre cube d’air (Bq/m³).
La méthode actuelle
Le contrôle se déroule généralement en plusieurs étapes :
- Installation du dosimètre dans une ou plusieurs pièces du bâtiment ;
- Exposition pendant au moins deux mois, idéalement durant la période de chauffe ;
- Retrait du dosimètre à la fin de la période de mesure ;
- Analyse en laboratoire du dispositif ;
- Établissement des résultats permettant de connaître la concentration moyenne en radon ;
- Mise en place d’actions correctives, si les niveaux relevés le nécessitent.
Cette méthode permet donc d’obtenir une concentration moyenne sur une période d’au moins deux mois.
Cependant, une moyenne sur deux mois ne permet pas d’observer les variations de concentration au cours d’une journée. Le radon peut notamment s’accumuler lorsque la ventilation est réduite, puis diminuer lorsqu’elle redémarre.
Prenons l’exemple d’une école :
- 8 h → Bâtiment occupé, ventilation active → 180 Bq/m³
- 22 h → Bâtiment inoccupé, ventilation réduite → concentration en hausse
- 4 h → Accumulation pendant la nuit → 650 Bq/m³
- 8 h → Reprise de la ventilation → 200 Bq/m³
La mesure électronique et continue du radon permet justement d’identifier ces variations et ces pics, afin de mieux comprendre l’influence de la ventilation et de l’occupation du bâtiment.
Interpréter une mesure de radon
| Concentration mesurée | Interprétation | Action recommandées |
|---|---|---|
| < 100 Bq/m³ | Niveau faible | Maintenir une bonne aération et ventilation |
| 100 à 300 Bq/m³ | Sous le niveau de référence français | Aération régulière et bon entretien de la ventilation ; chercher à maintenir une concentration aussi basse que raisonnablement possible |
| 300 à 1 000 Bq/m³ | Dépassement du niveau de référence de 300 Bq/m³ | Mettre en place des actions correctives : ventilation, étanchéité des passages entre le sol et le bâtiment, aération du soubassement… |
| 1 000 Bq/m³ | Concentration très élevée | Faire réaliser un diagnostic du bâtiment par un professionnel et engager des travaux adaptés |
La méthode connectée
L’intérêt d’un capteur de radon est justement de dépasser la simple valeur moyenne pour disposer d’un suivi continu de la concentration. Il permet de visualiser les variations au fil des heures, d’identifier les périodes de forte accumulation et de mieux comprendre l’impact de la ventilation ou de l’aération. Ces données permettent ensuite d’adapter le fonctionnement du bâtiment, par exemple en ajustant les plages de ventilation, puis de vérifier directement l’efficacité des actions mises en place.





